Non 24h

Le non 24h est un trouble très commun parmi les personnes aveugles. Plusieurs études suggèrent que la plupart des personnes totalement aveugles peuvent en souffrir, ainsi que des interruptions du sommeil qui accompagnent ce trouble à cause du défaut de perception de la lumière. 70 % des personnes aveugles souffrent des effets du non 24h.

L'œil possède deux fonctions. L'une est de voir, et l'autre de recevoir la lumière, qui indique au cerveau à quel moment du jour on se trouve. L'absence de perception de la lumière est un facteur clé à l'orée du non 24h qui peut apparaître à tout âge, indépendamment de la cause de la cécité. Le syndrome hypernychthéméral, libre-cours ou non 24h est un trouble du cycle circadien veille-sommeil qui se caractérise par la désynchronisation de l'horloge biologique centrale d'une personne avec la journée de 24 heures. 

Un rythme circadien est un cycle d'environ 24 heures dans le processus biologique ou comportemental d'une plante ou d'un animal. Le terme « circadien » vient du latin circa qui signifie « proche de » et dien qui veut dire « un jour », circadien signifie donc littéralement « dont la période est voisine de 24 heures ». Pour des raisons qui nous échappent encore en partie, les rythmes circadiens naturels fonctionnent légèrement différemment de celui de 24 heures. Chez l'Homme, l'horloge circadienne fonctionne sur un cycle généralement un peu plus long, de 24,2 heures en moyenne. Un certain nombre d'études menées entre les années 1940 et 1960 ont montré que lorsque des volontaires sains sont placés dans l'obscurité, sans signaux lumineux, les habitudes de sommeil et les rythmes de la température du corps commencent à se décaler. Ainsi, chez une personne dont l'horloge circadienne est de 24,5 heures, les rythmes circadiens vont retarder d'environ 30 minutes supplémentaires chaque jour.

Tous les humains possèdent une horloge biologique centrale. Celle-ci se trouve dans une partie du cerveau appelée noyau suprachiasmatique (SCN). Le SCN est une petite zone du cerveau située juste au-dessus de la partie du cerveau où les deux nerfs optiques se croisent (appelée « chiasma optique »). Cette zone est essentielle car elle permet au SCN de recevoir l'information lumineuse directement des yeux.

Le système circadien possède même ses propres cellules spécialisées dans la rétine, appelés cellules ganglionnaires intrinsèquement photosensibles de la rétine (ipRGCs) et découvertes il y a seulement une quinzaine d'années. Les cônes et les bâtonnets présents dans la rétine ne sont donc pas responsables de la vision. Le rôle principal des cellules ganglionnaires consiste à transmettre l'intensité lumineuse directement à l'horloge biologique centrale et à l'ajuster légèrement pour qu'elle reste synchronisée sur la journée de 24 heures. Le signal est ensuite transmis à travers tout le corps afin de maintenir de nombreux systèmes différents sur le rythme de 24 heures, notamment le sommeil.

La personne peut avoir des problèmes si son horloge interne a du mal à rester synchronisée ou envoie de mauvais signaux. Elle peut aussi présenter un autre trouble comme le syndrome non 24h, lié à l'entrée de l'horloge, autrement dit un problème dans lequel l'horloge ne reçoit pas les bons signaux.

Dans le cas du non 24h, l'horloge centrale peut fonctionner normalement, cependant l'absence d'activité des cellules spéciales de détection de lumière dans l'œil l'empêche de se resynchroniser sur la journée de 24 heures. L'horloge se remet sur son propre temps, qui dépasse naturellement les 24 heures, et, par conséquent, la personne se désynchronise avec la journée de 24 heures.

Chez les personnes qui vivent avec le syndrome non 24h, le cycle veille-sommeil se dérègle constamment, avançant ou reculant par rapport à l'alignement d'une journée de 24h. Ainsi, les personnes peuvent être éveillées en pleine nuit ou avoir sommeil durant la journée. Elles ont souvent du mal à s'endormir quand elles le souhaitent, sont incapables de faire une nuit complète, éprouvent des difficultés à se réveiller sur commande et peuvent faire des siestes fréquentes durant la journée. Le timing de l'horloge individuelle de chacun varie d'un individu à l'autre, si bien que le décalage quotidien peut aller de quelques minutes à une heure ou plus chaque jour.

Les rythmes circadiens des personnes atteintes du syndrome non 24h étant en perpétuel mouvement, les symptômes peuvent s'améliorer ou empirer selon les périodes, au gré des décalages de l'horloge interne par rapport à la journée de 24h. Dans le monde réel, où la vie interagit avec la biologie, les modèles correspondant aux périodes d'amélioration ou de dégradation des symptômes peuvent être difficiles à détecter. Certaines personnes peuvent être temporairement en phase avec la journée de 24 heures toutes les deux ou trois semaines ; pour d'autres, cela peut durer pendant six mois ou plus.

Le syndrome non 24h n'est pas un trouble du sommeil. C'est un trouble chronique sérieux du rythme circadien qui peut avoir une grande influence sur votre vie. Les personnes qui souffrent de ce syndrome parlent de difficultés à dormir et d'un impact très variable du non 24h sur leur vie personnelle et professionnelle. En général, les personnes qui commencent à observer les symptômes du non 24h finissent avec le temps par perdre la perception de la lumière. Une personne peut subir l'impact du non 24h indépendamment de la cause de la cécité ou du moment où celle-ci se déclare.

Symptômes
  • Difficulté à s'endormir, à rester éveiller, à se réveiller le matin ou à rester éveillé pendant la journée.
  • Réveils fatigués ou avec la sensation de ne pas avoir pris suffisamment de repos
  • Besoin pressant de dormir pendant la journée ou s'endormir subitement
  • Difficultés à suivre le rythme scolaire ou professionnel
  • Problèmes de concentration
Traitement

Si vous pensez souffrir du syndrome non 24h, n'hésitez pas à en parler à votre médecin, il vous aidera à en gérer les impacts sur votre vie. Ce trouble est très mal connu, aussi bien de ceux qui vivent avec la maladie que des professionnels de santé.

Pour certaines personnes, le simple fait de recevoir un diagnostic précis pourrait présenter des avantages. Souvent, le diagnostic suppose que le médecin interroge le patient afin de mieux comprendre ses antécédents concernant son sommeil, et peut-être lui demander de noter l'historique de son sommeil. Savoir qu'il existe un fondement biologique reconnu pour cette maladie peut aussi inciter les gens à discuter de leurs symptômes avec leurs familles, amis et collègues.

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